Café Mémoire « La poste à travers les siècles et l’ancien Comtat »

Café Mémoire du vendredi 15 octobre 2010.

Ce soir là a été marqué par la remise à M. le Maire de Velleron de la plaque qui ornait la façade de la gare. M. PINELLI, le donateur, souhaitait que cette plaque soit mise en évidence dans un emplacement à la fois visible et protégé. C’est en effet un des vestiges du patrimoine velleronnais. Cette remise a donné lieu à une saynète fort sympathique et souriante où nous avons pu entendre les protagonistes s’exprimer dans cette langue provençale chantante et ensoleillée.


Retour au pays

Telle une vigie durant 3/4 de siècle, de jour, comme de nuit, Qu’importe chaleur ou froidure, je signalais que nous étions à Velleron.

Un jour, plus de voyageur, que quelques wagons marchands, qui se moquaient de moi, mon rôle s’était éteint, herbes et broussailles devenaient maîtres des lieux, durant environ deux décennies plus personne ne me regarda.

Un matin épouvantable arriva ! Une machine à dents d’acier est venue briser les murs qui me soutenaient. Dans les gravats, je me vis perdu à tout jamais et pensais à mon trépas. Mais un homme curieux arrive, ce genre d’homme qui, de ses prédécesseurs veut comprendre la vie. Prit- il soin de moi ? Il m’enferma et de greniers en greniers, me voici, ici, dans mon pays !

Des amis velleronnais, penchés sur le passé, pour me protéger voudraient m’installer dans un clocher, Ais-je mérité tant de considérations ?

Monsieur le Maire, vu ses attributions, a trouvé une solution. Oui, où j’étais avant, du temps de ma jeunesse, à la gare, près de mon ami le puits, à l’entrée du marché ! Et de là je verrais les trois bannières flotter

Car pour moi, qu’importe les saisons, fier de ma nouvelle mission je continuerai de dire aux passants de toutes nations que nous sommes à Velleron

L. Pinelli

La distribution des plateaux rapidement effectuée, c’est dans le silence que les cinquante six participants ont fait honneur au repas dont le menu avait été soigneusement concocté par Myrella et Mireille.

Après quoi la conférence a pu commencer. Après l’évocation par Jean Ronze, du coureur de Marathon, porteur à Athènes de l’annonce de la victoire de la cité sur les Perses et premier « facteur » en quelque sorte , Mr. Mondon a fait un rappel historique général de la mise en place d’un service postal en France puis dans le Comtat Venaissin en particulier. Et à cette occasion nous avons appris un certain nombre de chose : comment on est passé de l’étatisation de ce service par les rois de France – dont Louis XI, « l’universelle aragne »,- à la généralisation d’une vaste desserte (225.000 km) au XIXe siècle avec le recrutement de milliers de préposés ; le rôle des malles poste dont le postillon avait pris des cours de trompette, pour avertir de l’arrivée au prochain relais et la préparation de chevaux frais. Saviez-vous que c’est pour cette raison que l’emblème de la poste en Allemagne est un cor de chasse ? Et que dire du « claquoir » utilisé au XVIIIème siècle qui scande l’arrivée du facteur pour récupérer le courrier au départ ?

Puis le rail a suppléé à la malle poste, a raccourci le délai de distribution de 18 à 3 heures, au rythme de 57 km/heure,  le tri s’effectuant pendant le trajet dans des « ateliers de tri roulant » ; l’extension de la ligne Paris Lyon à Marseille, avec comme étape imposée Avignon….

Saviez vous qu’à cette époque il y avait trois distributions par jour et que les préposés travaillaient toute la semaine y compris le dimanche matin. Nous avons eu droit aussi à un peu de rêve et d’exotisme avec l’évocation de la malle des Indes qui joignait Calais à Brindisi, puis par mer le transport du courrier vers les Indes et le Japon.

Mais comme toujours les meilleures choses ont une fin. La soirée s’est terminée de façon douce amère : avec l’évocation par une assistante d’un épisode vécu de la guerre 39-45, au cours duquel son père et la poste ont permis de sauver un avignonnais d’une arrestation par la milice et l’interprétation au saxo de la chanson « quand le facteur part en tournée » par Mr. Jean HOUSSET et nous nous sommes séparés sur la conclusion du poète :

«  sans chanson pas de cœur au boulot »

N.B

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