Le Curé du Diable

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Vendredi 29 Avril 2016
Le Curé du Diable
(compte rendu à 4 mains)

Par

José Demandolx

Après avoir été très discrètes, les réservations s’accélérèrent la dernière semaine et la veille de ce 41ème Café Mémoire, c’est avec plaisir que nous enregistrions une soixantaine de plateaux repas et accueillons une dizaine d’auditeurs venus seulement pour la conférence.

Selon le souhait de M. Demandolx, afin de peaufiner le déroulement de cette soirée et répertorier les nombreux documents collectés, plusieurs échanges informatiques complétés d’une rencontre avaient été réalisés les semaines précédentes.

Pour ne pas faillir à la tradition, les uns et les 3autres se placèrent par affinités, accueillant volontiers les nouveaux venus, et c’est dans un sympathique brouhaha que le repas de déroula.

Malgré l’ambiance chaleureuse, il fallut 4abandonner la modenité du XXI° siècle, pour faire un bond dans le passé et retourner dans celui qui fut témoin de l’affaire « Gaufridy »…

Cela se passe au XVII° siècle….

M. Demandolx exposa l’Histoire du « Curé du diable » à un public très attentif.

Pour les lecteurs de notre blog, M. Demandolx a fort gentiment accepté de faire 6le résumé que voici…5

LE CURE DU DIABLE

Derrière ce titre provocateur, se cache l’un des plus célèbres procès en sorcellerie du XVIIe siècle, plus connu sous le nom «d’Affaire Gaufridy». Les guerres de religion, qui ont sévi en Provence comme dans le reste du royaume, ont laissé de vives cicatrices, même au-delà de la promulgation de l’édit de Nantes en 1598 par Henri IV, couronné roi de France après s’être converti au catholicisme. Tout oppose Aix, aristocratique capitale de la Provence, à Marseille, bourgeoise et rebelle, qui a beaucoup perdu en autonomie lors du rattachement de la Provence à la couronne de France.

C’est dans ce contexte, qu’en 1596, est arrivé à l’aristocratique paroisse marseillaise des Accoules, un nouveau vicaire issu d’une modeste famille de bergers de Beauvezer, village de la Haute vallée du Verdon. Il séduit très vite ses paroissiennes par la qualité de ses sermons, par sa disponibilité, et aussi, pour reprendre le terme 7_dessin_Hugo_Bossoutilisé à l’époque, parce qu’il est un homme «jouvial».

Il jouit aussi de la considération de ses confrères et de son évêque qui le qualifient de saint homme. Très vite conseiller de la famille Demandolx de la Palud dont il devient familier, il a table ouverte autant dans leur maison de Marseille qu’à Font-Obscure, bastide appartenant à M. de Glandevès de Gréoux, père de Mme de Demandolx. Outre Françoise de Demandolx, la famille est composée de son mari Antoine et de quatre enfants : Jean, fils naturel d’Antoine, Esprit, Claire et Madeleine. Âgée de 10 ans, Madeleine, jolie petite fille blonde très pieuse demande à entrer au couvent des Ursulines où elle est tout d’abord appréciée par ses compagnes et citée en exemple jusqu’à ce qu’une autre pensionnaire plus âgée (18 ans) doute de la sincérité de sa dévotion et prétende qu’elle est trop influencée par son confesseur. Il s’ensuit des explications orageuses entre la supérieure, Françoise de Demandolx et l’abbé Gaufridy.

Madeleine est envoyée au couvent d’Aix, peut-être sur le conseil de Gaufridy. Mais, loin de ses proches,8_dessin_Hugo_Bosso elle soufre de mélancolie, ses nuits sont troublées de rêves étranges. Elle est donc renvoyée dans sa famille et séjournera surtout à Font-Obscure où elle recevra souvent la visite de Gaufridy. Lors d’un entretien avec la Supérieure, elle lui avouera avoir été séduite par Gaufridy qui se serait livré sur elle à des privautés.

Renvoyée au couvent d’Aix, entendue par la Supérieure et par le Père Romillon, directeur spirituel, elle sera déclarée possédée du démon. Vont se succéder des séances d’exorcismes, d’abord à Aix par le Père Romillon puis à la Ste Baume par le Père Michaelis, prieur du collège royal de Saint Maximin et grand inquisiteur. Ces séances vont durer plusieurs mois et attirer une foule importante.

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Madeleine finira par avouer qu’elle a été séduite par Gaufridy, qu’il lui a ravi «la plus belle rose qu’elle avait et qu’elle gardait si chèrement», qu’il l’avait conduite au sabbat et offerte au diable.

Ni Gaufridy, ni personne à Marseille, ne prend au sérieux ces accusations. Des enquêteurs envoyés par Michaelis ne trouvent aucune charge contre lui mais il est cependant contraint de se rendre à la Sainte Baume pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Dès son arrivée, il est isolé et subit des10_Michaelis__du_Vair interrogatoires «musclés». Les marseillais, outrés, se plaignent à l’évêque qui envoie une délégation pour récupérer Gaufridy. Le retour est triomphal mais Michaelis transmet le dossier à Guillaume du Vair, premier président du Parlement de Provence. Madeleine et Gaufridy sont convoqués, enfermés et subissent des interrogatoires et examens médicaux humiliants, des pressions et peut-être plus.

Madeleine finira par avouer tout ce qu’on lui demande, puis elle se rétractera. Il en sera de même pour Gaufridy. Gaufridy sera cependant condamné à 11_le_bucherêtre brûlé vif. La sentence sera exécutée après qu’il eut été soumis à la question ordinaire et extraordinaire.

La fin tragique de cette histoire suscita encore12 bien des questions auxquelles M. Demandolx, se fit un plaisir de répondre. Si des applaudissements nourris vinrent remercier le conférencier et mettre fin à cette conviviale rencontre, il fallait avant de se quitter rappeler les dates des prochaines manifestations auxquelles les Amis 13du Vieux Velleron participeront :

Jeudi 5 Mai : La fête des Fleurs et Vell’Art
Dimanche 8 Mai : La Fête de la Fraise. Nous vous y attendons nombreux !   

                                                                                                                              (MK-MC.B-JD)

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